vendredi 6 janvier 2012

Le discours d'un roi

Les vacances de Noël m'ont permis de rattraper un retard sur des films que je voulais voir absolument.

Parmi cette liste, "Le discours d'un roi", film de Tom Hooper avec Colin Firth. En quelques mots, c'est l'histoire vraie du père de l'actuelle Reine Elisabeth, Georges VI forcé de prendre le trône malgré un handicap difficile à vivre dans sa fonction, le bégaiement.

Il est accompagné dans prise de fonction et pour dépasser son handicap par un thérapeute du langage interprété par Geoffrey Rush.

Je tiens à partager mon impression sur ce film dans ce post car la relation en Georges VI et son thérapeute était vraiment intéressante, notamment les étapes de mise en confiance et présentation du cadre de son intervention.


Relation d'égal à égal
Le thérapeute insiste dés le départ sur la relation d'égal à égal nécessaire pour que l'accompagnement démarre sur de bonnes bases. Accompagner une personne si haut placée dans la société peut être déroutant mais le fait de poser cette première règle était important pour permettre au thérapeute de communiquer de façon simple avec son patient "royal" et lui permettre d'accepter de s'ouvrir à des prises de conscience et au partage de ses doutes, entre autre.
Il lui proposera d'ailleurs de s'appeler par leur prénom pour faciliter cette relation. Dans mes séances de coaching, je tiens toujours à respecter le choix de mes clients. Certains se sentent plus à l'aise avec le tutoiement que le vouvoiement et je tiens à leur offrir cette liberté.
D'autre part, la position naturelle du coach comme un révélateur de choix pour ses clients implique de rester humble. Le client sait mieux que quiconque ce dont il a besoin, quel choix lui convient. Le coach ne détient pas la vérité pour le client, il lui permet simplement d'éclaircir ses choix par rapport aux enjeux, risques et bénéfices et lui permettre d'avancer dans sa vie à son rythme sans influence extérieure.

Confiance
Il est question d'une relation authentique entre un patient et son thérapeute pour avancer en transparence et permettre à Georges VI de pouvoir partager, doutes et émotions, tristesse et colère de manière simple et libre, en dehors de tout code imposé par la société et la bienséance.
La confiance complète dans le thérapeute est primordiale et décisive dans la réussite de l'accompagnement et l'efficacité de la relation.

Choix du patient
De la même manière, le thérapeute montre bien que, même si le prince l'a choisi pour l'accompagner dans ce travail pour diminuer son bégaiement, il doit lui accepter son patient.
En coaching, nous travaillons énormément sur la notion de choix, d'écoute de nos ressentis et il est important que le client se sente bien avec le coach qu'il choisit. Je propose systématiquement à mes clients de rencontrer ma collègue (Kenza SKALLI) si ils le souhaitent pour ressentir avec quel coach ils se sentent le mieux pour entamer un travail autour de leur vie.
De la même manière, si je sens que ma collègue ou tout autre professionnel avec lesquels je travaille sont plus à même que moi pour les accompagner, je les redirige immédiatement pour leur permettre de gagner du temps et trouver directement la personne qui pourra répondre au mieux à leurs besoins.

Respect de son rythme
Ce qui m'a beaucoup marqué dans ce film, c'est le respect constant du rythme auquel le prince progresse. Quand il est sur les freins, le thérapeute le laisse prendre du recul, se poser. Quand il veut avancer, le thérapeute est présent et propose de nombreux outils pour avancer.

Savoir faire et savoir être
Pendant toute la première partie de l'accompagnement, le prince ne souhaite pas être interrogé sur son passé ou ses états d'âme. Il ne veut que des exercices physiques qui lui font travailler son allocution.
Mais malgré ses progrès, il manque quelque chose, le travail des émotions, des évènements passés et des ancrages négatifs qui l'empêchent de profiter de ses efforts.
Là encore, le thérapeute a respecté son silence jusqu'au moment où le prince vient pour poser des mots sur ses douleurs, son passé et les ancrages liés à son éducation et les enjeux familiaux.
Je travaille depuis plusieurs années autour de la complémentarité des disciplines, ostéopathie et coaching, psychothérapie et coaching, et j'avais essayé en 2009 de contacter des orthophonistes pour proposer un travail ensemble. Je suis convaincu qu'un patient accompagné en parallèle en coaching peut progresser plus rapidement et obtenir des résultats durables sur ce type de handicap. J'espère un jour pouvoir rencontrer des praticiens convaincu cette complémentarité pour travailler ensemble autour de leurs patients.

Comme vous l'aurez compris, ce film a renforcé mon envie de travailler en partenariat avec d'autres professionnels et développer l'accompagnement global des patients. C'est apporter une réponse sur-mesure en fonction des besoins de chacun.

Pour finir en image, je vous laisse regarder la bande annonce VF pour les personnes qui n'ont pas vu le film.





A bientôt et bon film !