mercredi 2 mai 2012

La chance sourit aux audacieux

Prendre sa vie en main
J'ai souhaité ouvrir cet article sur ce dicton "la chance sourit aux audacieux" suite à un débat avec des proches ce week-end. 

L'élément déclencheur a été cette phrase : "c'est normal, tu as de la chance".  Je l'ai souvent entendu et elle me laisse un goût amer à chaque fois. 

J'ai donc souhaité, à travers cet article, vous faire partager ma vision de la chance et ma conviction que la chance n'existe que lorsque nous laissons le hasard décider pour nous.


Pour commencer, ce que j'entends derrière cette phrase "c'est normal, tu as de la chance", se résume ainsi : quoi que je fasse et quelque soit les moyens utilisés, la chance me sourit donc je ne suis pas responsable de ma réussite. 

Partant de ce postulat, le constat était clair : 
  • je ne suis plus responsable des événements que je vis 
  • le résultat de mon travail n'est pas lié à mes capacités, mes compétences, mon engagement et les valeurs que je porte  

Finalement, je me suis rendu compte que cette simple phrase me retirait toute satisfaction personnelle et toute joie de cueillir les fruits des projets dans lesquels je m'investis. 

En regardant le sujet sous un autre angle, j'ai pu mettre en lumière le phénomène suivant. Ce qui différencie la chance - "le hasard fait bien les choses" de la réussite, c'est la manière dont nous nous servons de : 
  • nos capacités, 
  • notre intuition, 
  • notre créativité, 
  • des éléments extérieurs qui se présentent à nous, 
  • de la manière de jongler avec le monde, les autres, 
  • d'optimiser notre temps, 
  • de rebondir au fil des événements 

C'est la responsabilité de nos choix, des stratégies que nous construisons et notre capacité à les mettre en place.

  
Expérimentation

Pour imager mes propos, j'ai pris l'exemple d'un jeu vidéo puisque j'aime me détendre sur Mario Kart. En jouant à 3, nous avons réalisé plusieurs tournois. 

Le principe est simple : trois joueurs, trois façons de jouer et une console qui gère elle-même les obstacles, les concurrents et leurs stratégies de jeu. La console étant neutre, les trois joueurs ont les mêmes probabilités de recevoir des attaques des autres concurrents, de se servir des options proposées et d'aborder les courbes et virages de la piste pour atteindre la ligne d'arrivée le premier. 

Tous les joueurs ont les mêmes chances d'atteindre la ligne d'arrivée avant les autres.

Après plusieurs tournois de 10 parties chacun, le constat est le suivant :
  • les trois joueurs gèrent différemment l'enjeu : pour certains, c'est une pression qui les tend sur leur manette et leur fait faire des erreurs de conduite. Pour d'autres, c'est un plaisir de mettre en place tous les moyens possibles pour dépasser les onzes autres sur la ligne d'arrivée en construisant une stratégie qui s'adapte aux péripéties.
  • la capacité à se recentrer sur la course après une sortie de route ou un obstacle diffère aussi selon les joueurs. Il n'est pas évident de se concentrer et de faire des choix judicieux quand on passe de la première place à la dernière en quelques secondes. Il y a là une part de gestion du stress et d'une capacité de prise de recul sur les évènements.
  • la manière de piloter et de s'adapter au rythme des autres joueurs : savoir laisser filer les concurrents pour bénéficier d'options plus puissantes, opter pour une méthode offensive pour gagner les dernières place, ou défensive pour préserver sa place à deux pas de la ligne
  
Durant chaque tournoi, les joueurs connaissent alternativement les mêmes étapes et les mêmes difficultés. La chance n'a rien à voir dans tout cela et chacun à son tour, nous sommes passés de la première place à d'autres positions durant ces tournois.


Ma vision du phénomène de chance

Vivre des étapes difficiles, rencontrer des obstacles, sortir de la route, ces évènements se retrouvent dans la vie de chacun d'entre nous. Nous pouvons nous sentir victimes de ce qui nous arrive, ce peut être le cas à certains moments.

Le facteur chance est, à mon sens, la manière avec laquelle nous envisageons l'étape, nous prenons à bras le corps le problème pour devenir responsable de la mise en place des solutions pour rebondir.

C'est notre vision du problème et la mise en action qui déterminent si nous sortirons de l'épreuve "chanceux" ou pas.

Jouer à l'Euromillions, c'est tenter sa chance mais nous n'avons pas le contrôle sur les numéros qui vont sortir et nous laissons donc le hasard choisir à notre place.

La chance, c'est profiter d'un évènement positif sans avoir eu de moyen de contrôle dessus.


Mais au quotidien, le phénomène chance, ce sont simplement les fruits de nos réactions, de nos actions et de nos choix.

Vous n'allez pas trouver le travail idéal parce que vous avez de la chance. Vous trouverez le poste qui vous convient parce que vous :
  • réfléchissez à votre parcours professionnel
  • choisissez une voie qui vous correspond, et dans laquelle vous vous sentez bien
  • rencontrez des personnes qui vous font découvrir des entreprises
  • partagez avec vos proches le contenu de vos projets et qu'ils penseront peut-être à vous quand ils tomberont sur une annonce à laquelle vous n'auriez pas eu accès en temps normal
  • êtes responsable des actions que vous mettez en place pour atteindre votre objectif
  
C'est grâce à votre manière d'aborder cette période de recherche d'emploi, ou la fin de vos études, à votre ouverture aux options que vous trouverez sur votre chemin que vous franchirez la ligne d'arrivée de l'entreprise le premier.

Pour conclure, je pense qu'être "chanceux", c'est être responsable de nos choix et de notre manière d'aborder la vie en conscience, c'est croire en nous, croire en nos capacités, en notre intuition et croire en notre réussite.

A lire aussi, l'article suggéré par Serge dans les commentaires avec le cours de Philippe GABILLIET sur le facteur chance