mardi 3 juillet 2012

Carte scolaire ou arbitraire ?

coaching étudiants
Depuis la fin de l'année, j'entends énormément de commentaires sur l'application de la carte scolaire et d'un éventuel assouplissement.

J'avoue que j'ai du mal à comprendre les avantages d'une telle carte et au nom de quel principe favorise-t-elle l'épanouissement des élèves et une meilleure répartition de ceux-ci dans les établissements.

Comment expliquer à un élève qui a construit son projet d'étude en fonction de ses résultats et d'un domaine professionnel envisagé qu'il ne pourra pas obtenir la filière souhaitée car le lycée de son secteur ne là lui propose pas ?

Explications...

Je préfère expliquer l'objet de mon article. En cohérence avec le temps que je passe avec des adolescents en recherche de repères, l'intérêt pour eux de rester scolariser et d'obtenir les meilleurs résultats possibles est d'obtenir les voies d'études qu'ils désirent, en fonction de leurs capacités et de leurs envies.

Quand un jeune de 15 ans arrive en fin de troisième et choisit tel ou tel établissement pour obtenir un enseignement d'exploration défini au préalable, la réponse lui est donnée (pour cette année en tous cas en Poitou-Charentes) que les dérogations ne seront pas acceptées et qu'il devra se rabattre sur les choix proposés par son lycée de secteur.

Ni les dérogations, ni les bulletins de notes ne sont pris en compte, car la carte scolaire devient informatisée. Des élèves au fort potentiel artistique ne peuvent, par exemple, pas obtenir l'établissement qu'ils désirent. Une voie de secours leur est imposée dans leur lycée de secteur.

  • Quelle est la valorisation des établissements si les élèves qui y sont affectés y viennent à contre-coeur ?
  • A quoi servent les heures de conseil d'orientation si les choix principaux ne sont pas respectés ?
  • Comment prévenir l'échec scolaire et la déscolarisation si les élèves ne peuvent plus choisir réellement les matières qu'ils souhaitent découvrir en seconde ?

Les conséquences sont aussi désastreuses pour les lycées qui voient certaines filières en sous-effectifs, menacées à terme. Les files d'attentes dans les bureaux de l'Inspection Académique ne désemplissent pas avec comme mot principal dans les discussions : injustice. Quelle énergie perdue et que de désillusions ?

D'un point de vue des jeunes de quartiers dans les zones urbaines sensibles, quel est là encore le message qu'on veut bien leur envoyer ? N'ont-ils pas droit eux aussi aux même chances d'intégrer des établissements en fonction de leurs choix de coeur ? Ils ont d'autant plus besoin de croire qu'en travaillant bien, les portes de tous les lycées leurs sont ouvertes.

Pour favoriser la mixité sociale dans les établissements, il est important de revoir plus que d'assouplir la carte scolaire. Ne créons pas des ghettos par lycées qui alimentent la différence de classes sociales et l'injustice dés le départ dans la vie de ces jeunes qui ne demandent qu'à réussir leur vie !

Ce "coup de sang" part d'une réelle inquiétude vis à vis de l'avenir des jeunes et des générations à venir. L'éducation nationale n'est-elle pas la première porte de l'enfant dans la société et ne doit-elle pas montrer l'éventail des possibles et le fait que chacun peut y trouver sa place.

A bon entendeur...