mardi 3 novembre 2015

Au delà de l’absentéisme : Réalités & solutions

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Selon le 7e baromètre de l’Institut Alma Consulting Group réalisé auprès de 268 entreprises en 2014, le coût des absences au travail est évalué entre 45 à 60 milliards d’euros.

Toutes les organisations sont touchées par l’absentéisme, quelles soient publiques ou privées. Contrairement aux idées reçues et selon l’Express, « une étude du ministère du Travail, à métier comparable et situation d'emploi proche, les taux d'absentéisme sont quasi similaires ».

Ces résultats sont suffisamment importants pour s’attacher à instaurer de véritables changements durables dans les organisations.

Pour se faire, il nous semble essentiel d’en décrypter et d’en analyser les facteurs déterminants pour identifier des moyens d’action adaptés.

 

L’absence ou absentéisme


Toutes les absences ne sont pas à éviter et ne peuvent l’être. Une part des absences reste incompressible. Toute la question est de différencier dans les calculs les absences “normales” des “anormales”. Il nous semble donc nécessaire d’aider les entreprises à identifier la répartition de l’absentéisme selon les critères les plus adaptés pour elles comme l’âge, le genre, le niveau de responsabilité, les services, la saisonnalité ou la fréquence. Cette image plus précise est une aide précieuse à la prise de décision.
Cette différence entre absence ou absentéisme est d’autant plus difficile à cerner que même les arrêts maladie sont parfois injustifiés. « Au début 2015, Marylise Lebranche, ministre de la Fonction publique a demandé à l’assurance maladie de contrôler la véracité des arrêts maladie dans 6 départements tests. Le taux d’arrêts injustifiés est de 6% pour les fonctionnaires et de 10,8% dans le privé » (source L’express-12 juin 2015).

Il existe des sanctions fixées par le code du travail pour toute absence injustifiée pour maladie ou autre motif. La solution ne se situe pas là. Le milieu du travail ne doit pas devenir un espace de contrôle généralisé des salariés voire de sanction.

L’employeur peut par exemple mettre en place des contre-visites médicales. Cette mesure n’aide pas à développer un climat social propice au dialogue et entame la confiance nécessaire entre l’employeur et ses salariés. Il s’avère alors très difficile de mettre en place des actions correctives pour diminuer l’absentéisme.

Au contraire, nous préconisons des actions de prévention, de sensibilisation et de mobilisation. Celles-ci ont un impact sur le long-terme. Nous privilégions le dialogue, la construction d’une relation de confiance, l’écoute pour pouvoir répondre au plus près aux besoins des salariés et ainsi favoriser l’engagement, la motivation, l’adhésion. Il s’agit, le plus souvent d’améliorer la qualité de vie au travail en agissant sur l’organisation du travail. Cette démarche est souvent soutenue par des actions de communication et si nécessaire par des plans de formation.

taux absentéisme entreprise ressources humaines diminuer 

 

Le bon taux d’absentéisme

Pour les spécialistes un taux normal d’absentéisme serait de moins de 4 à 5 %. Selon l’Anact, ce taux est propre à chaque organisation. La comparaison avec d’autres entreprises de la même branche professionnelle, n’est pas conseillée car chaque entité a ses propres bases de calcul et des cartographies salariales différentes. « Il s’agit moins de se comparer avec d’autres que d’enregistrer les variations à la hausse et à la baisse du taux d’absentéisme dans la situation propre de l’entreprise. Ce sont ces variations, toutes choses étant égales par ailleurs (les modes de calcul et la population considérée) qui doivent faire l’objet d’une interprétation spécifique ».

Conséquences et effets de l’absentéisme

L’absentéisme coûte cher à la société, aux individus et à l’entreprise. Son coût très important s’explique par le coût de remplacement de la personne absente, le maintien de salaire, la perte de savoir-faire, les effets de désorganisations, les effets de surcharge de travail, la perte de productivité.

L’absentéisme : révélateur de dysfonctionnements et de malaise social

Les causes de l’absentéisme sont multiples. Des conditions de travail, aux évolutions des nouvelles exigences qui peuvent générer des pressions plus au moins bien vécues, en passant par le contexte économique, les environnements fortement concurrentiels, la crise, etc…

Selon le baromètre d’Alma consulting, les premières causes d’absences le sont à caractère personnel. 9 % des absences sont dues aux conditions de travail et la mauvaise organisation. Pour 7% par manque de reconnaissance et de la charge de travail inadaptée sont déterminants.

D’autre part, le bien-être en entreprise est aussi très important et a un impact considérable sur l’absentéisme puisque l’ambiance de travail est responsable de 4% des absences ainsi que le manque de soutien managérial. De plus la perte de sens et l’absence de plaisir au travail induisent aussi un manque d’engagement ou un désintéressement grandissant des salariés.

Certaines organisations, comme la polyvalence poussée à l’extrême, qui est une solution pour pallier aux absences, donnent au salarié le sentiment d’être interchangeable. De même un fort turn-over lui renforce un sentiment d’insécurité fortement générateur de stress et ne permet pas l’investissement et l’implication du salarié.


La spécificité de l’absentéisme des femmes

Les femmes ont un taux d’absentéisme plus élevé (4,1% ) que les hommes (3,1%)(DARES 2013). Ce taux augmente dans la tranche de 25 -34 ans. Il diminue quand l’enfant le plus jeune atteint l’âge de 10 ans.

Faut-il attendre une évolution de la société ?

Est-ce une responsabilité du service public ? Quelle est la place de l’entreprise ?

En France, les tâches domestiques et familiales sont inégalement partagées. La femme est encore majoritairement seule à gérer la charge des enfants ainsi que le quotidien de la famille. Nombreuses sont celles qui ont des difficultés à concilier vie professionnelle et vie personnelle. Il est important que l’entreprise prenne en compte cette spécificité de l’absentéisme.

« Aujourd’hui en France près de 81% des femmes de 29 à 45 ans ont une activité salariée et représentent à elles seules, 46% de la population active ». (Source Guide de l’absentéisme l’Anact)

Bien que cela soit du domaine privé, il est important que l’entreprise prenne en compte la nécessaire conciliation des temps de vie. Nous préconisons le dialogue pour comprendre les besoins et trouver des solutions qui servent les intérêts de tous. L’accompagnement en coaching peut aussi permettre à la personne de trouver ses propres solutions d’organisation et bien souvent aider à la gestion de stress lié.


Présentéisme ou absentéisme, un enjeu commun : l’amélioration du bien-être dans l’entreprise

Attention au présentéisme !

Avec la crise les salariés sont plus enclin à travailler de nombreuses heures. Ce surinvestissement est doublement néfaste car il a des conséquences négatives pour la santé des salariés zélés et pour la productivité des entreprises. Le présentéisme conduit à un épuisement émotionnel ou au burn out. Le coût du présentéisme serait compris entre 14 et 25 milliards d’euros.


Analyse de nos consultants

Du symptôme aux remèdes

Nous le voyons dans ces études, l’absentéisme est le symptôme principal de la difficulté des entreprises qui y sont confrontées, de garantir à leurs salariés les meilleures qualités de vie au travail. Les causes sont diverses, de l’ergonomie à l’organisation en passant par la culture même de l’entreprise.

Il devient aujourd’hui urgent de déterminer quels sont les facteurs d’absentéisme par entreprise et de construire avec tous les acteurs concernés, du dirigeant aux salariés, des plans d’actions précis, efficaces à court terme et surtout durables.

Du diagnostic au suivi

Comme pour toutes nos interventions d’accompagnement et de formations, et sur l’absentéisme plus que jamais, nous préconisons une méthode en trois phases :
  1. Audit
  2. Plan d'actions
  3. Suivi et ajustements
Pour chaque étape, la concertation et la construction de temps individuels et collectifs permettront d’associer actions sur les facteurs d’absentéisme et implication des salariés dans la démarche.

L’adhésion des salariés, garantie d’un changement durable

Nos programmes d’intervention et les axes d’amélioration proposés sont construits dans une philosophie de placer chaque salarié comme acteur du mieux-être collectif dans l’entreprise.